Fic inspirée d'une chanson de Déportivo, que vous pouvez écouter ici, si vous connaissez pas (et même si vous connaissez), je vous conseille de l'écouter en lisant cette fic
Que pensez vous du montage ?Suicide SundayIl monta. Elle l'avait fait appelé. Pour la quatrième fois de la journée. Les trois précédentes, elle s'était contentée de le regarder longuement. Puis elle finissait par lui dire qu'en fait, elle n'aurait pas dû demander à le voir et qu'il pouvait redescendre. Cette fois encore, lorsqu'il rentra dans le bureau, le regard qu'ils échangèrent fut très long.
– J'espère qu'il y a une raison cette fois.
–... je dois te dire quelque chose.
Elle hésita. C'était sûrement la première fois qu'il la voyait aussi étrange, et si timide en sa présence.
- Et bien vas-y.
Mais c'était déjà trop tard. Elle s'était perdue dans ses yeux bleu azur et ne pouvait tout simplement pas faire ça. Lui dire ce qu'elle ressentait était une trop grande épreuve pour elle. Ils ne s'étaient jamais vraiment échangés leurs sentiments, et ce n'était pas là, pas maintenant qu'ils commenceraient. Elle soupira puis murmura :
- Laisse tomber
- Ca fait plus d'un mois que tu me dis ça. Je ne sortirai pas de ce bureau avant que tu m'ais raconté ce qui ne va pas.
- Ce n'est pas la peine.
Elle avait baissé les yeux, son regard perdu et son air triste témoignaient de l'étrangeté de la scène.
- Pourquoi m'as-tu convoqué trois fois si ce n'est pas la peine ? questionna t'il.
- Parce que j'avais... besoin de te voir.
- Tu avais besoin de me voir mais tu ne peux pas dire pourquoi ?
- Non.
Il la fixa. Puis la jeune femme décida à parler, quitte à être déçue. Elle faisait ce qu'elle n'avait jamais fait, et par une simple phrase lui indiqua ce qu'elle ressentait, ce qu'ils ressentaient tous les deux depuis huit années loin l'un de l'autre, sans jamais se l'avouer.
- Tu me manques Jethro.
Il continua de la dévisager,il n'était pas surpris, seulement un peu mal à l'aise. Il soupira avant de lui répondre.
- Nous ne sommes plus à Paris Jen.
- Je sais.
Jen ferma les yeux, pas déçue, elle s'y attendait, mais tout de même un peu triste. Il continuait de la regarder et elle finit par lui dire ce qu'elle avait sur le c½ur.
- Je suis désolée. Je n'arrive pas à t'oublier, c'est comme ça. Je t'aime Jethro, j'espère juste que tu ne m'en veux pas pour ça.
Cette réplique était tellement improbable de sa part, que l'ancien marine se demanda si ce n'était pas encore un de ses rêves. Mais il savait que ce n'en était pas un.
- Tu es ma supérieure, il y a la règle numéro 12 et je suis avec Hollis. On ne peut pas être ensembles, tu le sais bien non ?
- Jethro... j'ai besoin de savoir. Si ces trois problèmes n'existaient pas, est-ce que tu... est-ce que tu m'aimerais ?
Elle releva les yeux vers lui pour pouvoir déceler toute trace de mensonges s'il y en avait. Ses yeux reflétaient l'espoir qu'elle pouvait encore avoir. Il hésita et détourna sa réponse pour ne pas avoir ni à dire de mensonge, ni la vérité.
- Tourne la page Jen.
La jeune femme ne prit pas ça pour ce que c'était : une non-réponse. Elle détourna les yeux et lui ordonna de sortir. Son visage reflétait de la déception, mais aussi une profonde tristesse face à ce qu'elle allait faire. Puisqu'elle savait ce qu'il ressentait, ce n'était plus la peine pour elle de continuer. Lorsqu'il franchit la porte, elle le rappela, tenant tout de même à lui dire une dernière chose.
- Ne m'oublie pas. S'il te plaît.
Il la dévisagea surpris. S'il avait su à cet instant là ce que cette phrase voulait dire, il serait sans aucun doute resté auprès d'elle, et aurait tenté de la dissuader. Mais il ne savait pas, pas plus que vous si je ne continue pas cette histoire. Elle lui fit un sourire triste, et il ne s'interrogea pas plus que ça sur la signification de cette dernière remarque et sortit.
La jeune femme resta pendant quelques minutes debout, seule. Puis elle regarda par la fenêtre. Il faisait noir. Normal à cette période de l'année. L'environnement dehors ressemblait à ce qu'elle ressentait. Son regard glissa jusqu'à son bureau, et surtout jusqu'au tiroir, où elle savait qu'il y avait son arme de service. Elle s'en approcha, l'ouvrit et prit la chose.
Non... pas maintenant... pas ici... pas tout de suite... ça n'en vaut pas la peine.
Elle la reposa et partit avec tristesse en direction du MTAC.
- Vous êtes sûre de votre décision Mrs Shepard ?
- Certaine.
L'homme qui s'affichait sur l'écran géant était le chef des armées. Un bonhomme plutôt bedonnant à l'air toujours inquiet, mais un bon stratège. Il portait toujours son uniforme vert à boutons dorés. Des médailles étaient accrochées en belle vue sur son torse, il y en avait tellement que c'était à se demander comment il tenait encore debout et ne croulait pas sous le poids de l'or.
- Votre motif est compréhensible, mais sachez que vous êtes le meilleur des directeurs d'agence fédérale qu'il puisse y avoir. Le fait que vous soyez une femme était une cause de méfiance de la part de certains, mais la plupart de vos confrères ont été obligés de reconnaître que vous étiez la meilleure pour ce poste. Vous ne devriez pas faire ça.
- Je le sais parfaitement, mais comme je vous l'ai expliqué, je ne peux pas rester.
- Très bien. Vous nous manquerez Jen.
Elle ne répondit pas et partit. Une larme venait de s'échapper de ses pupilles vertes, elle savait que c'était la dernière fois qu'elle quittait cette salle. Après avoir prit ses affaires dans son bureau et donné ses instruction à sa secrétaire, elle sortit du NCIS. Tous les agents étaient déjà rentrés chez eux, elle eut une petite pensée pour son ancien amant qui devait être avec Hollis au même moment. Elle rentra chez elle, enviant la femme qui serait sans doute heureuse jusqu'à la fin de ses jours.
On était maintenant le lundi matin, le week-end avait passé à une vitesse folle pour tout les gens présents dans l'open space, particulièrement pour Gibbs. Mais il savait que ce n'était peut-être pas le cas pour tout le monde, et décida d'aller voir sa directrice pour lui demander comment ça allait. L'étincelle de tristesse qu'il avait vu dans ses yeux verts, et sa dernière phrase l'avait un peu inquiété.
Il arriva dans le bureau et passa comme une flèche devant Cynthia.
- Agent Gibbs vous ne...
Elle s'interrompit car il venait de se déboîter à moitié l'épaule en tentant de rentrer dans le bureau. Le sourire de la jeune femme se dissipa bien vite quand elle se souvint de ce qu'elle avait à faire.
- Elle n'est pas encore arrivée ? demanda t'il
La secrétaire hésita. Sa supérieure ne l'avait donc pas mis au courant, et c'était à elle de le lui dire. Chose très difficile quand on savait à quel point le caractère de Gibbs pouvait l'impressionner.
- Elle ne viendra pas monsieur...
Il la fixa. Puis la questionna du regard avant de le faire par la voix.
- Vous pouvez développer ?
- Elle est partie.
- Quoi ?
- Je... elle a laissé ça pour vous...
Cynthia lui tendit une feuille pliée en quatre, trop soigneusement, il sut d'ors et déjà que son ancienne maîtresse devait avoir hésité un long moment, avant de la plier et de la confier à sa secrétaire. Il dévisagea celle-ci comme s'il ne comprenait pas. Elle se décida alors à lui dire ce qui allait sûrement le mettre en colère.
- Elle a démissionné. Quand vous êtes sorti, hier elle a été annoncer son départ au chef des armées puis elle est partie.
- Où ?
- Je ne sais pas monsieur.
Il se pencha vers elle d'un air menaçant. Les émotions diverses qu'il ressentait ne l'encourageaient pas à être gentil avec la jeune femme qui lui annonçait le départ de sa directrice préférée.
- Vous savez quelque chose et vous avez intérêt à me le dire immédiatement.
- Je... je sais juste qu'elle m'a demandé de lui prendre un aller simple pour la France dans le vol de samedi matin.
- Pourquoi est-elle partie ?
- Je n'en sais rien !
Il la fusilla une nouvelle fois du regard mais elle ne ploya pas.
- Je vous jure que je ne sais pas, mais je viens de vous donner une lettre d'elle, il y a peut-être des explications !
Il ne baissa pas son regard mais prit le papier puis partit. Il ouvrit la lettre en hésitant, ayant un peu peur de ce qu'il allait découvrir. En voyant l'écriture penchée de la jeune femme, il comprit qu'elle était réellement partie. C'était toujours en voyant ça qu'il réalisait vraiment.
Jethro
J'espère que tu ne m'en voudras pas pour cette lettre cette fois. Je n'ai jamais été très douée pour annoncer mon départ autrement comme tu le sais.
Il y a beaucoup de choses que je voudrais te dire, mais c'est trop tard. Je ne reviendrai jamais, je ne viendrai plus essayer de bousculer ta vie. Je sais que tu es heureux, c'est tout ce qui compte pour moi, Hollis est une femme bien j'espère que tu seras plus comblé avec elle que tu ne l'as été avec moi.
Cynthia a déjà dû te dire où j'allais, c'est vrai qu'elle n'a jamais pu te résister, d'ailleurs qui le pourrait ? Ne dis pas aux autres ce qui s'est passé, ils me prendraient pour une lâche et je ne le voudrais pas.
Je ne veux pas que tu sois triste, alors ne tente pas de me retrouver, ce serait une grosse erreur, tu es bien là où tu es.
Je ne te demande qu'une seule chose : que tu ne m'oublies pas. De là ou je serai, je penserai souvent à toi.
Je vais là où tout a commencé et là où tout finira.
Jen.
ps : je t'aime, ne m'en veux pas.Une larme tacha l'encre sèche et le dernier mot fut dilué. Les yeux bleus qui avaient fait tellement craquer l'auteure de la lettre étaient remplis d'eau salée, mais ce fut la seule qui tomba.
- Je ne t'en veux pas Jen... murmura t'il.
Le seul à qui il pouvait faire des reproches c'était à lui-même. Et il en faisait beaucoup. C'était maintenant, après la lecture de cette lettre qu'il se rendait compte qu'il l'aimait. Après qu'elle eut démissionnée, qu'elle soit retournée en France, il comprenait enfin qu'il s'était trompé. Non ce n'était pas avec Hollis qu'il voulait passer le reste de ses jours. Non, il ne l'oublierait pas, même si elle lui avait dit qu'elle le détestait. Non, il ne serait jamais comblé sans elle. Il était trop tard et il ne se le pardonnerait jamais.
L'ancien marine sortit sans un regard vers la jeune secrétaire, sachant que la prochaine fois qu'il franchirait les portes du bureau, tout serait différent. Il l'avait laissée partir, encore.
Il se dirigea vers la sortie et partit du NCIS. Le reste de la journée, il la passa à essayer de noyer son chagrin dans l'alcool, ignorant le téléphone qui sonnait et les coups de sonnettes de ses agents. Mais il ne put pas oublier. Pas assez.
De l'autre côté de l'océan, le même problème se posait à une femme rousse, installée pour la soirée dans une chambre d'hôtel. Ce fut finalement une employée qui la retrouva inconsciente.
Ce soir-là, il n'y aurait pas de miracles, pas de retrouvailles joyeuses à l'aéroport seulement le même grand vide chez un homme accoudé à une carcasse de bateau, mélangeant du bourbon et des médicaments sans retenue, et chez une femme allongée sur un lit dans un petit hôpital parisien, hospitalisée parce qu'on l'avait trouvée avec les veines taillées.
Ce soir-là fut le dernier pour deux êtres qui avaient fait l'erreur de ne pas reconnaître à temps leur amour.
Fin...On monday you're all alone, You quit your job on tuesday
Oh well darling you don't say
Oh dear You will never stop to pray
I will
On suicide sunday
You say you hate the bombers, hate the bombs
You bought a gun on thursday
Or did you imagine it that way ?!
Oh dear You will never stop to pray
I will
On suicide sunday
So far it's desaster
But from my roof you know,
it's just a branch in a bonfire.
See you later...