Son patron était déjà présent dans l'open space, ça ne l'étonna pas des masses. Mais lorsque Tim découvrit quelle était la personne avec qui il discutait, son c½ur fit un bond de trois mètre dans sa poitrine, ce qui n'est pas peu dire puisque dans ce cas précis il aurait perforé ses poumons.
Abby l'aperçut, elle au moins avait l'air d'humeur joyeuse. Elle lui fit un grand sourire, puis de grands signes pour qu'il participe à la conversation. Quand elle vit qu'il avançait trop lentement, elle se précipita vers lui en criant son nom.
Abby – Tim, Tim ! Essaie de deviner ce que mon renard argenté vient de m'annoncer !
McGee – Je ne suis pas d'humeur pour les devinettes, et tu sais parfaitement que je déteste ça Abby !
Elle fit une drôle de tête, un peu vexée. Il regretta de l'avoir rabrouée comme ça juste parce qu'il était de mauvaise humeur, mais avant qu'il n'ait pu murmurer un désolé, elle avait repris son grand sourire et s'était retournée vers Gibbs. Elle regarda celui-ci avec de grands yeux, et il esquissa un sourire. Décidemment, elle était la seule à pouvoir le faire rire, même dans des situations pareilles.
Abby - Vas-y dis lui, je suis vraiment trop excitée pour ça !
Gibbs – Abby, ce ne sont pas des vacances !
Abby – Mais justement !! C'est tout à fait le contraire, et c'est génial !!
McGee – De quoi est-ce que vous parlez ?
Abby – Dis lui Gibbs, arrête le suspens, c'est insoutenable !!
Gibbs – Une école spécialisée dans l'informatique pour les marines a appelé le NCIS parce qu'un attentat risque de s'y produire.
McGee – Sur quoi ils ont basé cette supposition ?
Gibbs – Le site Internet d'un élève, un... blog je crois, ils l'ont arrêté mais il s'est suicidé avant de pouvoir parler. Nous devons envoyer deux agents sous couverture pour démasquer le reste de la bande.
Abby - Et la directrice nous a choisi tous les deux pour faire ça !
Ziva - Qu'est-ce qui se passe Abby ?
La jeune israélienne arrivait pile à l'heure, pour ne pas changer. Sa collègue lui résuma tout en une phrase, qui se composait surtout de « c'est supergéniallissimextraordinaire », et elle dut donc demander une explication à son patron.
McGee – Pourquoi la directrice envoie t'elle Abby et moi en mission ? Enfin je veux dire... moi je peux comprendre, mais Abby est une laborantine, pas un agent.
Gibbs - C'est une école d'informatique McGee !
Abby - Tu n'es pas heureux de faire ça avec moi, Tim ?
McGee - Bien sûr que si !
Ziva sourit devant l'empressement de McGee à répondre. Tout le monde au NCIS voyait bien que les sentiments de Abby et McGee l'un envers l'autre n'étaient plus vraiment des sentiments amicaux. Et s'ils ne se l'étaient pas encore avoués l'un à l'autre, ça n'allait pas tarder.
Quand leur collègue italien parla, il les fit tous sursauter, ayant approché en silence (Gibbs déteindrait-il sur lui ?)
Tony- Heureux de faire quoi avec Abby le bleu ?
Gibbs - Tu es en retard Tony
Tony – En fait... il y avait un cheval dans le métro.
Gibbs - Mauvaise excuse tu viens en voiture.
Il reçut une tape sur la tête et grimaça. Abby et Ziva échangèrent un regard complice, le pauvre quand même ! En plus pour une fois son excuse était pas mal imaginée... un peu idiote, mais pas mal imaginée.
Tony – Hé, ça fait mal ! C'était pour l'excuse ou le retard ?
Gibbs – Les deux ! Mcgee, Abby vous partez ce soir vous avez la matinée pour faire vos bagages. Tony viens vous chercher à une heure moins le quart, et on ne sait pas combien de temps cette mission sous couverture peut durer.
Tony - Sous quelles couvertures ?
Gibbs lui remit une autre tape sur la tête et tenta de lui expliquer l'affaire. Les deux agents concernés s'en allèrent pendant qu'il le convainquait que non, sous couverture n'était pas à prendre au sens littéral comme pour sa mission à lui avec Ziva.
McGee - Je te ramène Abby ?
Il ne savait pas pourquoi il avait dit ça, et il pensa une seconde que c'était absurde car la voiture d'Abby était garée quelques mètres plus loin, et elle ne voudrait sans aucun doute jamais rentrer avec lui.
Abby - Pourquoi pas ? De toutes façon j'ai plus d'essence.
Il sourit. Cette femme était vraiment très surprenante. A s'interroger sur le fait qu'elle ait su qu'il lui demanderait ça. Ils s'installèrent dans sa voiture à lui, et elle continua, tout excitée, en énumérant sur ses doigts ce qu'ils croiseraient en université.
Abby – Cette mission va être géniale ! On va retrouver l'école avec les étudiants nerveux, les livres bizarres et inexpliqués, les salles de classes qui sentent le vieux, les contrôles qui tombent à l'improviste et les profs aussi !
Puis elle commença à imiter un prof de math qu'elle avait eu et avait détesté au lycée. Il la regarda, un sourire aux lèvres, et finit par l'interrompre en pleine tirade. Il ne fallait pas non plus qu'elle soit déçue.
McGee - Euh Abby ?
Abby - Elève McGee qui vous a autorisé à parler ?
McGee - Tu sais que ce ne sera pas forcément très drôle on va devoir trouver des élèves qui veulent poser une bombe ou declencher une fusillade.
Abby – Roh la la quel rabat-joie !
Elle continua à parler, pendant la plus grande partie du voyage, de ses profs, de ses anciens amis, et de tout ce qui avait fait qu'elle était heureuse à l'université. A un moment, elle en était arrivée à parler des cuisinières bizarres qui racontaient toujours des histoires d'horreur, et Tim commençait à se demander si Ducky n'avait pas déteint sur elle, lorsqu'il arrêta la voiture
McGee - Abby je crois... qu'on est arrivés...
Abby – Oh, j'ai pas vu le temps passer ! Pourquoi est-ce que tu as l'air aussi ébahi Tim ?
McGee avait en effet un air équivalent à celui qu'il aurait s'il venait d'apprendre qu'Abby était enceinte. Et pour cause. Ils se trouvaient devant une habitation vraiment étrange qui différait beaucoup des autres maisons du quartier toutes blanches avec des volet verts ou bleus. Le reste du quartier était comme tout quartier résidentiel, un peu triste mais tout à fait normal, mais cette maison...
Elle avait une forme bizarre comme si on avait taillé un pic d'un côté mais pas de l'autre. C'était en fait à peu près la forme d'un triangle rectangle. Les pierres noires qui la formaient étaient striées de veines rouge sang. La porte ressortait bien sur le fond, car peinte en rouge, et le perron était encadré de citrouilles, qu'on aurait dit toutes droites sorties d'une fête d'Halloween. Les barrières étaient également rouges.
Mais le plus étrange dans tout ça, était sans aucun doute le jardin, où des gnomes étranges ressemblants à des nains de jardins hideux déguisés pour une fête macabre, côtoyaient des squelettes figés dans un éclat de rire qu'on aurait dit vivant. Des cercueils posés à terre des fois en forme de croix retournées semblaient leurs habitats naturels
La haie verte faisait ressortir le tout en donnant une impression de malaise. En vérité, ç'aurait pu être un très fameux hôtel... pour des vampires un soir de pleine lune.
Détail pour le moins étrange contrastant avec le reste de la maison une statue blanche représentant toute l'équipe du NCIS figurait en plein milieu du jardin.
McGee *se doutant de la réponse*- Elle... est à qui cette maison ?
Abby – C'est la mienne.
Quelle question idiote aussi. Qui d'autre aurait habité une maison aussi... spéciale ? Le jeune probie se promit de ne jamais accepter une invitation de la jeune femme, même si c'était pour un dîner en tête à tête.
McGee - Tu t'es mise à la sculpture maintenant ?
Abby - Non c'est mon cousin qui partage la maison avec moi. Il ne savait pas quoi faire donc je lui ai filé une photo de vous tous.
McGee – Je vois... bon, et bien... à tout à l'heure alors.
Abby sortit de la voiture, hésita puis passa la tête par la portière pour faire une bise sur la joue de son collègue. Puis elle rentra chez elle après un dernier signe de la main. Tim toujours frissonnant de ce contact inattendu prit la direction de son appartement. Il se trompa une ou deux fois de rue avant de le trouver, et confondit l'étage de son appartement.
Ensuite il passa le reste de la matinée à penser à la mission sous couverture. Qu'est-ce qui allait se passer lorsque lui et Abby serait là bas seuls au milieu de tous ces étudiants ? D'après Tony, beaucoup de choses, qui ne lui déplairait pas forcément...
Il se reprit et se dit qu'il rêvait trop décidément. Il allait juste retourner à l'école avec Abby, rien ne se passerait, il ne devait rien se passer. D'ailleurs Gibbs avait mit une règle en place pour qu'il ne se fasse pas d'illusions. Il se rappela de ses années passées à l'université avant d'entrer au NCIS. Années durant lesquelles il avait été bien des fois humilié, souvent en public. Il n'y avait qu'au MIT qu'il avait été vraiment heureux. Là, tout le monde était considéré comme geek, il n'avait pas eu de mal à se faire d'amis.
Et pourtant, il ne regrettait pas cette période, parce qu'il avait trouvé beaucoup mieux par la suite.
Il fut sortit de ses pensées par quelqu'un qui frappait à la porte. Il alla ouvrit et trouva son collègue italien, en train de siffloter tranquillement sur le seuil.
McGee - Qu'est-ce que tu fais là Tony ?
Tony - Ne me dit pas que tu as déjà oublié la mission sous couverture le bleu ?
McGee - Bien sûr que non mais...
Tony - Il est exactement * il regarda son poignet avant de s'apercevoir qu'il n'avait pas de montre et savait déjà l'heure * 12 h 50 et comme j'étais supposé venir te chercher il y a cinq minutes, en voiture !
McGee - Il est midi 50 ? Hem... tu peux attendre deux minutes s'il te plait ?
Tony - Moi oui, espérons que le boss puisse aussi !
McGee ne s'était pas aperçu de l'heure et n'avait donc pas préparé ses affaires. Il mit son ordinateur dans une mallette spéciale et jeta deux ou trois choses de plus dans sa valise, prit des chemises entassées dans l'armoire et boucla ses bagages en moins de cinq minutes. Il se précipita vers la porte et l'ouvrit.
McGee - Voila c'est bon Tony je...
Il se figea. A la place de Dinozzo il trouva Gibbs la main en l'air s'apprenant manifestement à frapper. Tony apparut à côté et lui fit un sourire sarcastique
Tony - Je te l'avais dit qu'il n'aimait pas attendre !
Gibbs – Vous êtes prêt McGee ?
McGee – Euh... oui. Oui je...
Mais l'ancien marine partait déjà vers l'escalier. Arrivés en bas, ils rentrèrent tous les trois dans la voiture de Tony où se trouvait déjà Abby. Tim mit ses affaires dans le coffre et s'installa à l'arrière a côté d'elle. Elle lui fit un sourire.
Tony - Evitez de faire des choses sur la banquette arrière je viens de la laver
Gibbs – DiNozzo.
Et il reçut son habituelle tape sur la tête en grimaçant. Il furent arrivés vite au NCIS car Gibbs conduisait, mais en bon état contrairement à ce qu'on pourrait supposer. La directrice les attendait dans l'open space en discutant en hébreu avec Ziva. Elles arrêtèrent leur conversation qui avait l'air passionnante en les voyant.
Jen - Vous partez ce soir vers quatre heures j'espère que vous êtes prêts ?
Abby - Parfaitement madame la directrice !
Elle grimaça à cette appellation, et Abby fit un « oups, pardon » avec un sourire gêné.
Jen - Vous allez prendre l'identité de Sylvia Martin et Kevin Taylor deux amis arrivants de New York ce serait trop dangereux de vous laisser vos vrais noms. Voici vos cartes d'identités et vos micros que vous devrez porter constamment sur vous...
Tony *l'interrompant* - Même dans la chambre ?
Une main décolla encore, et vint se poser, peu délicatement, sur le crâne du pauvre italien qui avait déjà une bosse assez conséquente. Ce n'était que la quatrième tape de la journée après tout.
Jen - Je disais donc que vous devrez interroger les élèves discrètement et sans vous faire repérer. Dès que vous saurez quand comment et où se passera la fusillade vous nous préviendrez et nous interviendront. Vous avez des questions ?
La main d'Abby se leva.
Jen - Oui Abby ?
Abby - Je peux aller aux toilettes ?
Jen *avec un soupir d'exaspération* - Oui ! Si quelqu'un d 'autre a besoin d'une pause pipi, qu'il y aille maintenant !
Les trois agents et la laborantine se précipitèrent vers les toilettes, sous les yeux amusés de leurs patrons restés seuls. Jen échangea un regard avec son subordonné, et son sourire disparut.
Jen – Euh Jethro... pour ce qui s'est passé hier...
Gibbs – Tu regrettes ?
Jen– Non, en fait je voulais te demander si on allait plus loin.
Gibbs – Sauf si tu ne veux pas, je suis pour.
Jen – Je vois qu'on est sur la même longueur d'ondes.
Ils sourirent, et l'ancien marine se retint à grand-peine de l'embrasser, car leurs agents arrivaient. Elle tourna la tête vers eux, et il fit de même, à regret.
La jeune gothique par contre, n'était pas encore revenue.
Jen - Quand Abby nous rejoindra je propose que nous allions tous déjeuner dans le restaurant en face, si vous n'y voyez aucun inconvénient.
Tony - Aucune objection
Ziva – Idel
Tony - On dit ideM Ziva !
Ziva - Pas grave.
Ils continuèrent à se chamailler, tandis que Gibbs partait chercher les deux médecins légistes, en disant à Jen qu'il les rattraperait au restaurant.
Quand Abby revint, le petit groupe prit l'ascenseur où ils étaient tous très serrés ce dont Tony bénéficia pour être tout près de Ziva.
Ziva - Tony tu m'étouffes !
Tony *avec un petit soupir joué* - C'est ce qu'elles disent toutes.
Mais il se décala quand même et fit quelques blagues sur le fait que Ziva devrait maigrir pour qu'ils soient moins serrés, profitant du fait que son patron n'était pas là pour lui filer une taloche.
Ils prirent une table au restaurant d'en face et discutèrent tranquillement en attendant les trois autres. Quand Gibbs arriva en compagnie de Jimmy et Ducky, il mit une tape à Tony et s'assit à côté de Jen.
Tony - Hééééééééééé j'ai encore rien fait !
Gibbs - C'était pour avoir charrié Ziva dans l'ascenseur.
Tous se demandèrent encore une fois comment il pouvait savoir des choses auxquelles il n'avait pas assisté.
Ducky s'assit entre Abby et Jen, et Jimmy à côté de l'italien, et le médecin légiste commença à raconter que Gibbs lui rappelait un africain qui savait presque tout, et prétendait lire dans les étoiles. Les autres écoutèrent quelques minutes, mais seules Abby et Ziva restèrent attentives à son histoire, les autres l'ayant déjà entendue et entamant un autre sujet de conversation.
Le repas dura un peu plus longtemps que prévu. Tony prit des choses étranges pleins de gras que les cuisiniers ne savaient pas faire, il fit donc un scandale en criant que la gastronomie américaine n'était plus ce qu'elle était jusqu'à ce que Gibbs lui donne sa sixième tape de la journée, et Ziva demanda un plat israélien qui demandait beaucoup de temps de préparation.
A la fin Jimmy racontait des anecdotes drôles et bizarres, Tony parlait d'une de ses conquêtes à deux de ses collègues, Gibbs, Ducky et Jen se rappelaient le bon vieux temps.
Ils étaient tous un peu "encouragés" par le vin français (et oui c'est là qu'on intervient) qu'ils avaient commandé et les filles surtout riaient à toutes les blagues de Tony.
Tout à coup après le récit de Ziva sur ce qui s'était passé lorsqu'elle avait sauvé la vie de Jen pendant leur mission en Europe, il se produisit quelque chose de stupéfiant. McGee n'aurait jamais osé penser ou même imaginer voir ce que fit Gibbs de sa vie. En plein milieu d'une phrase de l'israélienne, qui s'arrêta immédiatement, ébahie, il embrassa Jen passionnément et pendant de longues minutes.
Plus étrange encore la jeune directrice lui rendit ce baiser. Lorsqu'ils se retirèrent enfin, les autres les dévisageaient très étrangement. Ce n'était plus l'ambiance de fête des quelques minutes auparavant, mais un gros silence.
Gibbs - Ferme la bouche Dinozzo tu vas finir par avaler des mouches.


