Lorsque Leroy Jethro Gibbs arriva, ce matin là, il tenait un café, et revenait de chez son dealer préféré. A la vue de son expression, Ziva et Mcgee, qui étaient arrivés quelques minutes auparavant, se planquèrent dans les dossiers qu'ils avaient à lire. Subitement, ils ne préféraient pas être à la place de celui dont le bureau était vide.
Gibbs - Tony n'est pas encore arrivé ?
Ziva - Non pas encore.
Elle n'avait même pas relevé la tête de la feuille qu'elle était en train de parcourir des yeux. Il soupira, s'assit à son bureau et commença à lire les rapports de ses agents. Au bout d'une demi heure son gobelet fut vide, et il partit s'en chercher un autre.
La pression redescendit dans l'open space, et les deux agents se détendirent un peu. Ce n'était pas que leur patron leur faisait peur, non, au contraire, mais quand il était de mauvaise humeur, comme ça semblait être le cas, il ne valait mieux pas se mettre sur sa route. Un qui était mal barré, c'était l'agent italien
Ziva – Il vaudrait mieux qu'on l'appelle non ?
Mcgee – Tu t'inquiètes pour lui maintenant ?
Ziva – Non, mais ce serait plus dans notre intérêt à tous, s'il arrive très en retard Gibbs va être d'humeur massacrante.
McGee – Qu'est-ce qui ne rend pas Gibbs d'humeur massacrante...
- Hem.
Ce petit toussotement venait d'une jeune femme qui se tenait devant le bureau de Ziva. Celle-ci tourna la tête, surprise. Elle ne l'avait pas du tout entendue arriver.
Quand Gibbs revint, cette même femme était en pleine dispute avec son agent, qui essayait de lui faire entendre raison. Seulement, étant donné son caractère, ce n'était pas chose facile.
Ziva - Il est parti chercher un café mais si vous ne me dites pas ce que vous lui voulez, je vous jure que je vous vire d'ici presto ! D'ailleurs vous n'avez même pas de badge visiteur, vous auriez dû passer à l'accueil !
... - Je me fous de ce que j'aurais dû faire ou pas, je veux voir l'agent Gibbs immédiatement ! Ou la directrice de cette agence pourrie a la limite !
Gibbs - Qu'est-ce qui se passe ici ?!
Il foudroya les deux agitatrices du regard, mais curieusement, l'autre baissa les yeux en se retournant. Pas Ziva bien sûr. Il s'aperçut que celle qu'il avait prise pour une femme était en fait une jeune adolescente rousse, au visage constellé de taches de rousseur. Ses habits bariolés étaient de plusieurs couleurs. Elle portait plusieurs écharpes autour du cou, deux couettes rousses courtes, et des baskets blanches avec deux têtes de mort chacune. Un sac à dos d'une couleur indéfinissable pendait sur son épaule, où divers slogans sur des étiquettes se battaient en duel avec des messages de paix écrits au feutre noir.
Son pantalon ample semblait vert foncé, et un simple tee-shirt à manches longues noir lui servait de haut. On pouvait lire « La vie est belle ! » en français et en jaune foncé, avec un grand signe peace. Enfin bref, elle aurait pu faire penser à un baba cool si elle avait été dans un autre endroit que celui-ci, il ne manquait plus que les lunettes en forme de c½ur.
Ziva - Ah Gibbs cette fille est entrée ici je ne sais pas comment et elle dit qu'elle doit vous voir vous ou la directrice !
Gibbs - Je l'avais compris Ziva
Il se tourna vers l'inconnue, la considéra pendant quelques secondes, puis reprit la parole. Elle ne l'avait toujours pas regardé en face, il détestait ça.
Gibbs – C'est moi l'agent Gibbs, je peux connaître votre identité ?
Elle sembla hésiter, comme si elle se demandait si elle pouvait lui accorder sa confiance. Puis, levant enfin ses yeux bleus d'un azur infini, elle lui répondit d'une voix froide totalement dénuée de compassion, avec pourtant un petit sourire étrange. McGee et Ziva surent tout de suite à son expression et à ses yeux à qui elle leur faisait penser.
... - Je pense que vous devriez demander à votre chère directrice agent Gibbs !
Lorsque Gibbs débarqua dans le bureau de sa directrice, celle-ci lisait des informations plutôt importantes sur un départ en Irak. Au départ, elle fut plutôt satisfaite de le voir elle ne lui avait pas parlé depuis au moins un mois, n'ayant aucun prétexte pour le faire.
Il passa donc en trombe devant la secrétaire, ne tenant pas compte de ses cris de protestation, et entra, comme à son habitude, dans le bureau sans frapper. Mais c'était différent cette fois, cette fille étrange le suivait de près, et il n'avait pas vraiment l'air heureux de la voir.
Jen - Tiens bonjour Jethro ça faisait longtemps que tu n'était pas venu claquer ma...
Elle s'interrompit net quand elle vit l'adolescente qui l'accompagnait, et poursuivit le « porte » dans un souffle. Elle sut tout de suite de qui il s'agissait, bien sûr elle ne s'y attendait pas, mais il fallait bien que ça arrive un jour.
Gibbs - Tu peux m'expliquer ça Jenny ?
Elle planta profondément ses ongles dans le bois de son bureau, et se mordit les lèvres, sans pouvoir répondre. Elle la regardait elle, celle qu'elle avait abandonné il y avait des années, d'un regard très très étrange. Il n'avait jamais vu cette expression là sur son visage.
Alors, au bout d'un long silence orageux, l'inconnue, du moins pour Gibbs, s'avança.
- Hello maman ! Je suppose que des présentations sont inutiles puisque tu m'as collé un agent pour savoir à quoi je ressemble, mais je suis bien Jade, le bébé que tu as abandonné il y a... ben tiens, pile quinze ans ! Au fait, ton ami là, je l'ai laissé en France après l'avoir un peu assommé, j'espère qu'il ne m'en voudra pas.
Jenny ne répondit pas, suppliant son agent du regard comme si elle s'attendait à ce qu'il annonce que ce n'était qu'une farce idiote, qu'elle avait rêvé tout ça ou que Jade n'était pas ici, mais bien encore en France dans l'orphelinat où elle l'avait laissé.
Seulement celui-ci restait presque impassible, fixant sa directrice. La seule indication de ses émotions était présente dans ses yeux, une lueur de colère, comme toujours.
Il répéta :
Gibbs - Tu peux m'expliquer ?
Elle le regarda quelques secondes, semblant lui en vouloir de demander des explications, encore sous le choc, puis répondit.
Jen - ... oui ... j'imagine que vous avez le droit à quelques explications... Avant j'aimerais bien que tu me dises comment tu as fait Jade.
Jade - Pour vous retrouver ? Pfff facile tu croyais vraiment que je n'allais pas réussir ? Il m'a suffit d'interroger les gens de l'orphelinat, de chercher une Jennyfer Shepard rousse aux yeux verts aux Etats-Unis, puis de voir qui dans ton entourage était le plus probable d'être mon père. Ca peut te sembler bizarre, mais ça fait deux ans que j'enquête sur vous, et ça sans que personne ne s'en soit aperçu ! Et vous vous prétendez flics ?
Gibbs – Une seconde, on peut savoir qui est le père ?
Jen et Jade échangèrent un regard très étrange. On aurait presque pu voir une étincelle quand les yeux verts suppliants se heurtèrent aux yeux bleus et froids. La jeune directrice sut d'emblée que Jade n'allait pas l'épargner, seulement elle tenta quand même.
Jade - Je lui dis ou tu le fais ?
Jen – Jade, s'il te plaît...
Jade *la coupant* - OK
Elle savait que sa mère n'aurait jamais le courage de le lui dire, et un côté sadique venait de ressortir en elle. Elle avait très envie de voir cet homme qu'elle ne connaissait en fait pas du tout, se troubler et comprendre qu'il avait fait une grosse erreur.
Elle se planta juste devant Gibbs, et le regarda droit dans les yeux avec un grand sourire. Il la dévisagea, comprenant progressivement mais ne voulant pas admettre ce qu'allait dire la jeune fille.
Jade – On ne va pas s'embarrasser de préliminaires, donc Jethro, première nouvelle, vous avez l'honneur d'être mon père !
Il sembla défaillir, la foudroya du regard et se tourna vers son ancienne maîtresse. Il avait encore l'espoir qu'elle démente sa fille, et lui dise que son père n'était qu'un de ces sénateurs qu'il détestait tant, et qu'il n'avait aucun rapport avec ça.
Gibbs – Jen ?
Jen - Désolée...
Elle baissa les yeux, autant de honte que de peur. Sa fille, quant à elle, la regarda avec un sourire satisfait, et se dirigea vers la porte.
Jade – Bon, je vais vous laisser vous expliquer, je sens que vous avez beaucoup de choses à vous dire.
Elle sortit, les laissant seuls dans le bureau.
En arrivant à l'open space, elle constata avec soulagement que Ziva et McGee n'étaient plus là. Il valait mieux pour eux. Ce n'était pas qu'elle n'aimait pas l'israélienne mais... en fait si elle ne l'aimait pas. Et puis ce bleu avait un air béat et idiot qu'elle détestait, donc sûrement aucun intérêt.
Jade connaissait l'équipe, elle avait longtemps espionné les agents en plein travail pour savoir qui était vraiment son père, mais même si elle ne leur avait jamais parlé, il n'y avait qu'une personne qui lui avait vraiment parut sympathique quand elle montait de temps en temps dans l'open space. Mais elle avait dû attendre deux ans, et le jour de l'anniversaire de son abandon pour oser enfin venir défier ses parents.
Elle s'installa au bureau de son père, alluma l'ordinateur, et en attendant qu'il charge, elle lut les quelques dossiers devant elle. Rien d'intéressant, mais enfin elle n'avait rien d'autre à faire.
Quand elle releva la tête, Tony était arrivé avec une bonne heure de retard. Il était planté devant le bureau, le sourire aux lèvres. Il ne se rendait apparemment pas compte de l'âge de la jeune fille, ni de ses yeux étrangement bleus, ni de l'expression étrangement gibbsienne qu'elle avait.
Tony - Qu'est-ce qu'une jolie femme rousse fait assise toute seule au bureau de Gibbs ?
Elle sourit, baissa les yeux sur lui pour évaluer sa carrure de près, et releva les yeux.
Jade - Agent Dinozzo c'est ça ?
Tony - Oui...mais appelez moi Tony. Et vous, vous devez être un nouvel agent... Vous savez si vous êtes un peu perdue dans ces grands bureaux, je peux vous poser la base du métier. Vous avez devant vous la crème de la crème des agents. D'ailleurs ce bureau est à moi, mais je ne vous en veux pas d'avoir confondu.
Il fit un nouveau sourire très charmeur, et s'assit sur le bureau, tourné vers elle. Il n'était qu'à un mètre de Jade, mais celle-ci avait une furieuse envie d'exploser de rire. Elle n'en fit rien, sachant très bien que ce serait bien plus drôle après. Elle prit un air intéressé et impressionné, essayant au maximum de flatter l'agent.
Jade – Oh, je vois, j'en suis vraiment désolée. Vous devez être le patron des patrons alors.
Tony – Bien sûr, évidemment il y a la directrice, mais ici je peux vous assurer que c'est moi le seul chef. Voulez vous que je vous fasse faire le tour des locaux pour vous... habituer ?
Jade - Seriez vous en train de me draguer Tony ?
Tony *rapprochant son visage- Et si c'était le cas que diriez vous ?
Il était très très proche d'elle, et elle sourit, lui faisant signe de se pencher encore plus. Puis, elle s'approcha de son oreille, et lui murmura en souriant :
Jade - Je dirais que je suis mineure et la fille de celui qui siège à ce bureau, qui n'est apparemment pas vous.
Tony ne se rendit pas tout de suite compte de ce qu'elle avait dit. Et lorsque l'information pénétra enfin dans son cerveau, il se leva subitement et recula de quelques pas. Il avait l'air tellement surpris et abasourdi par ce qu'il venait d'entendre que Jade ne put s'empêcher d'éclater de rire. Elle avait eu raison, c'était bien plus drôle maintenant ! Il la fixa pendant quelques instants, et hésita.
Tony - Vous... tu veux dire Gibbs ?
Jade - Non le pape !
Tony - Le... Et ta mère ?
Jade – Ton autre patron.
Il réfléchit un instant, avant de la regarder, encore plus surpris par ce qu'il avait trouvé, que par ce qu'elle avait pu dire. Il avait un air vraiment hébété.
Tony – La directrice ?
Jade - Non la reine d'Angleterre !
Tony - Ah...
Remarquez, le pape et la reine d'Angleterre auraient pu faire un joli couple aussi.
Jade le regarda fixement, et Tony compris tout de suite qu'elle disait la vérité... Ces yeux... et son air... tout en elle lui rappelait Gibbs et Jen. C'était tellement troublant de se retrouver face à une fille qui avait les mêmes yeux que son patron, mais un grand signe de paix sur son tee-shirt !
Tony - Euh... Gibbs est ou ?
Jade - Avec ma chère maman
Il ne fit pas tout de suite le rapprochement avec sa directrice, il y eut donc un nouveau silence avant qu'il ne pose encore une question.
Tony - Et... qu'est-ce qu'ils font ?
Jade - Peut-être qu'ils me font un petit frère, va savoir.
Il la dévisagea, et elle haussa les épaules.
Jade – Avoue que tu pensais un peu à ça.
Tony – En tout cas c'est pas moi qui l'ai dit ! Non, sérieusement qu'est-ce qu'il font ?
Jade - Ils s'engueulent.
Tony - A quel sujet ?
Jade - À cause de moi je suppose
Tony – Qu'est-ce que tu as fait ?
Jade – Moi ? Rien. Mais Jenny, si. Elle n'a pas dit à Jethro que j'existais.
Tony - ...La pauvre... Et McGee et Ziva sont où ?
Elle le regarda ironiquement, il se foutait d'elle ? Non mais franchement, comment aurait-elle pu le savoir ! Non content d'être macho, cet agent était idiot ! Elle décida de répondre par la raillerie, comme elle savait si bien le faire.
Jade - En train de faire des choses aussi je pense.
Il la scruta, un soudain soupçon de jalousie dans les yeux. Il savait que Mcgee n'était pas du tout le genre de l'israélienne, mais si elle, elle pouvait l'envisager...
Elle se reprit, en voyant qu'il le prenait au sérieux.
Jade - Comment tu veux que je sache moi ? Je ne m'appelle pas Gibbs ! Enfin si mais... officiellement non.
Il hésita, et détourna le regard de ces yeux azurs qui le mettait tellement mal à l'aise. Il lui fallait un prétexte pour partir, ou il allait déchanter. Déjà, deux yeux bleus comme ceux-là au NCIS c'était beaucoup, alors quatre...
Tony - Je... heu... bon... je vais... voir Abby... c'est ça voir Abby !
Jade – Qui c'est Abby ?
Elle avait beau avoir eu l'image pendant ces deux années à les espionner, mais pas le son, malgré tous ses efforts pour apprendre à lire sur les lèvres. Aussi elle n'avait qu'entendu dehors le nom DiNozzo, mais pas celui de la jeune gothique qu'elle apercevait de temps en temps.
Tony - Notre experte scientifique
Jade - Mon père a aussi couché avec elle ?
Tony – Euh... non je ne crois pas...
Il ne demanda pas la signification de "aussi", bien que tout ça l'intéressa au plus haut point (quoi, Gibbs avait eu des histoires d'amour au NCIS ? Impossible, il l'aurait su !), et se dirigea en marchant très vite vers l'ascenseur. Il appuya sur le bouton d'appel, et rentra dedans lorsqu'il arriva à son étage. Mais avant qu'il n'ait eu le temps de se refermer, la jeune fille aux couettes rousse y entra avec un sourire provocant.
Jade - Je viens avec toi j'ai rien a faire
C'était un ton qui ne souffrait d'aucune réplique et Tony pensa une nouvelle fois à Gibbs en la voyant comme ça. Il ne dit donc rien, un peu intimidé.
Le grand Anthony DiNozzo intimidé par une adolescente, ce fut un grand moment. Ce n'était, pourtant, ni une avocate du divorce, ni sa mère. Mais j'avoue, savoir que la fille à côté de soi n'est autre que le fruit des amours de Jen et Gibbs, c'est assez impressionnant...
Durant le trajet il n'arrêta pas de jeter des regards en coin à la jeune fille. Quant à elle, elle ne bougeait pas, ne le regardait même pas, et se contentait de fixer le mur en face d'elle. Il n'y avait personne d'autre dans l'ascenseur, ce qui était un fait rare, même inhabituel, mais ils avaient autre chose à penser pour s'en soucier.
Lorsque la machine s'arrêta à l'étage inférieur, de la musique résonnait dans le couloir, déjà le volume sonore était assez élevé, ce fut bien pire lorsqu'ils pénétrèrent dans le labo.
Ils trouvèrent Abby la tête en bas faisant le poirier. Elle cria quelque chose qu'ils ne purent pas entendre et elle e répéta encore plus fort... ce qui n'était pas peu dire vu la première fois.
Abby - Qu'est-ce que tu fais là Tony ?
Tony - Je voulais voir si Ziva et Mcgee étaient là
Abby – Quoi ?
Tony entra dans la salle adjacente tandis que Jade se bouchait les oreilles, et éteignit la musique. Tout de suite ce fut un grand soulagement de ne plus avoir ce boucan qui transperçait les tympans.
Tony - Je voulais voir si Ziva et Mcgee n'étaient pas là mais apparemment non !
Abby – Et le gagnant est Tony ! Oui tu as bien deviné, ils ne sont pas là.
Elle avait une voix un peu éraillée, ce qui produisait un effet assez étrange. Tony fronça les sourcils.
Tony – Qu'est-ce qui t'arrive ?
Abby - Quoi ? Ah ma voix ? Rien de grave j'ai une laryngite.
Tony – Pourquoi tu n'as pas demandé une journée de congé ?
Abby – Je n'allais pas manquer une magnifique journée de boulot avec mon renard argenté et son équipe de choc !
La jeune laborantine gothique aperçut soudain la jeune fille derrière lui. Elle semblait s'intéresser de très près aux instruments de recherche, notamment au spectromètre de masse.
Abby – Dis moi, tu présentes les locaux à ta nouvelle copine ? Tu les prends au berceau maintenant !
Tony – Hem... Abby je te présente Jade
A la mention de son nom, la jeune fille leva les yeux vers eux. Abby frissonna en les reconnaissant.
Abby – Euh... bonjour... C'est qui Tony ? Elle a des yeux bizarres.
Jade - Je sais je les tiens de mon père !
Cette phrase confirma les doutes d'Abby sur son identité. Elle avait peut-être une petite s½ur ! Enfin... façon de parler parce qu'en fait Gibbs n'était pas vraiment son père... dommage, un renard argenté comme papa ça pourrait être intéressant. Elle tapa des mains, surexcitée.
Abby – C'est... c'est pas très possible tout ça ! Enfin Gibbs ne m'a jamais dit qu'il avait une fille... autre que Kelly bien sûr... même si Kelly il ne me l'a jamais dit.
Jade – Je ne m'appelle pas Kelly, mais je suis sa fille quand même.
Abby - Et qui est l'heureuse élue qui a partagé cette merveilleuse jeune fille avec notre cher Gibbs ?
L'intéressée fit un air étrange, leva un sourcil, et se tourna vers Tony pour la traduction. Celui-ci haussa les épaules, pour dire qu'il n'en savait pas plus qu'elle. Abby soupira, exaspérée. Mais pourquoi personne n'arrivait à la comprendre ? Elle parlait bien anglais pourtant !
Abby – Ta mère bon sang ! C'est qui ?
Jade – Là je comprends mieux. C'est ton autre patron.
Abby – Je n'ai qu'un patron et c'est Gibbs.
Elle réfléchit un instant en posant une main sur son menton.
Abby – Attends... tu veux dire la directrice ? Mais... ils sont séparés depuis au moins quinze ans !
Jade - J'ai seize ans Abby.
Elle sourit, et fixa celle qui était, finalement, bien sa petite s½ur de c½ur. Quel étrange mélange.