Ceci est un OS de fin, parce qu'à l'instar de Jenny dans cette fiction, je vous quitte, malgré vos supplications (parmis tous les commentaires je crois que ceux de Maleu ont la palme... merci beaucoup à toi ^^)
Alors voilà, cette song-fic est bien sûr à lire avec cette chanson pas très joyeuse...La musique retentit dans la salle presque comble, et l'homme prit la main de sa partenaire pour l'entraîner sur la piste de danse. La chanson était en français, très appropriée à l'occasion, se dit la jeune femme qui l'accompagnait. Quand les quelques notes de piano retentirent, les danseurs se mirent à l'½uvre, et eux firent de même, se fixant dans les yeux l'un de l'autre, presque dans un défi.
Ne me quitte pas
Il faut oublier
Tout peut s'oublier- Tu veux me quitter ?
Ils dansaient toujours, mais discrètement, conscient des oreilles qui pouvait être partout dans la salle, l'homme venait de lui glisser ces quelques mots à l'oreille. Elle frémit, comprenant qu'elle ne pouvait pas le tromper, qu'elle ne pourrait jamais le surprendre, et finalement continua leur échange visuel, tout en répliquant à voix basse :
- Je vois qu'on ne peut rien te cacher.
Ils tournèrent ensembles dans un mouvement doux, et presque silencieux. Il la dévisageait ardemment, comprenant qu'il ne lui restait plus assez de temps pour pouvoir admirer sa beauté.
Et le temps perdu
A savoir comment
Oublier ces heures
Qui tuaient parfois
A coups de pourquoi
Le c½ur du bonheur- J'ai découvert ton ordre d'affectation.
Elle détourna le regard, songeant à regret à la feuille qu'elle avait laissé sur sa table de nuit sans faire plus attention aux conséquences de son geste. Il aurait été plus simple qu'elle le lui apprenne d'elle-même, mais d'un côté, tout ça lui facilitait les choses.
- Mes priorités ont toujours été claires.
Moi je t'offrirai
Des perles de pluie
Venues de pays
Où il ne pleut pasIl fit un pas de côté, et l'entraîna dans son geste, sa main sur sa hanche, et l'autre dans la sienne. Faisant cela, son regard coula vers la baie vitrée qui recouvrait la moitié du bâtiment, et il aperçut dans la nuit un taxi qui attendait patiemment qu'on le rejoigne.
- Tu pars ce soir...
Ce n'était pas une question, mais une constatation, faite à regret. Il comprenait maintenant pourquoi sa partenaire lui avait parue distante toute cette soirée.
Elle ne répondit pas, et encore une fois eut le regard lointain, comme si elle regardait vers l'avenir.
Je ferai un domaine
Où l'amour sera roi
Où l'amour sera loi
Où tu seras reine- Si je n'étais pas ton patron, et toi l'agent, on pourrait être heureux ensembles, tenta-t-il.
Elle secoua la tête, refoulant ses émotions. Elle n'avait pas le droit à l'erreur. S'il voyait un seul regret se peindre sur son visage, il saurait, et alors, elle ne pourrait plus partir. Elle changea de sujet.
- Pourquoi ai-je l'impression d'être la seule femme à t'avoir quitté...
- Il y en a eu d'autres, mais elles ne sont pas parties de la même façon.
Ne me quitte pas
Je t'inventerai
Des mots insensés
Que tu comprendras
Je te parlerai
De ces amants-là
Qui ont vu deux fois
Leurs c½urs s'embraserElle frémit, en le dévisageant, comprenant ce que cette phrase signifiait. Pourtant comme toujours entre eux, il n'y aurait pas d'explication, elle le savait.
- Tu aurais préféré qu'elles te quittent de ma manière ? demanda-t-elle en tentant de paraître désintéressée
Ils se fixèrent, et tandis que la chanson continuait, et qu'ils faisaient quelques pas sur le côté au rythme du piano, il lui répondit doucement :
- J'aurais préféré n'importe quoi à la place de ça.
Elle détourna le regard, de nouveau gênée face au passé de cet homme dont elle ne savait en fait rien, et un nouveau reproche lui vint aux lèvres.
- Tu vois c'est pour ça que ça ne marchera jamais entre nous.
- Parce que je ne te dis pas tout ?
- Parce qu'aucun de nous n'est sincère, ici.
On a vu souvent
Rejaillir le feu
De l'ancien volcan
Qu'on croyait trop vieux- On peut encore repartir à zéro.
De nouveau elle fit un signe négatif de la tête, même si ses pensées étaient bien lointaines de ses paroles. Elle savait qu'il ne verrait pas ses mensonges, bien qu'ils soient évidents pour la moitié des personnes présentes dans la salle.
- Il fallait y penser avant.
Et quand vient le soir
Pour qu'un ciel flamboie
Le rouge et le noir
Ne s'épousent-ils pas- Alors ça s'arrête là ?
- Je suis désolée... murmura-t-elle.
- C'est faux.
Elle ferma les yeux, mais les rouvrit bien vite pour qu'il ne voie pas sa réaction face à la cruauté de cet instant, ou elle était la méchante, et devait le faire souffrir pour qu'il n'ait pas l'espoir qu'elle revienne. Elle ne répondit pas
Ne me quitte pas
Je n'vais plus pleurer
Je n'vais plus parler
Je me cacherai là
A te regarder
Danser et sourireEt à t'écouter
Chanter et puis rire
- Ta décision est prise alors ?
- Elle a été prise dès le jour où nous nous sommes rencontrés.
Elle le défia de nouveau du regard, même si son c½ur n'y était pas. Il la fit tournoyer une dernière fois, et enfin, la chanson s'arrêtant, ils se séparèrent.
Leurs mains ne s'éloignèrent pas tout de suite pourtant, parce que lui, la retint quelques secondes, son regard toujours rivé dans le sien, et un air qu'elle ne lui avait jamais vu sur la figure. Elle frémit, et il sentit ce frisson du plus profond de son être.
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas Il tenta une dernière phrase :
- Ne me quitte pas...
A cet instant, à cette seule phrase prononcée en français, elle ne put réprimer une larme, une petite traitresse, témoignant de sa tristesse et de ses regrets. Mais elle n'avait plus le choix.
- C'est trop tard.
Leurs mains se séparèrent, et après un dernier regard, elle partit. Il resta seul un instant sur la piste, tandis que les dernières notes au piano se terminaient, puis il prit un verre de champagne et se posta devant la baie vitrée. Le taxi n'était pas parti.
Il la vit sortir, et entrer dans celui-ci, tremblante du froid qui était au dehors, frissonnante de la glace qui s'était emparée de son c½ur, et une larme s'échappa de ses yeux si bleus azur. Un dernier mot s'échappa de ses lèvres, comme un soupir, comme un regret.
- Jenny...
Elle, sur la banquette arrière de la voiture, tremblait effectivement. Les larmes avaient maintenant noyé son visage. Le trou qui s'était formé à la place de son c½ur ne lui laissa aucun doute : elle ne reverrait jamais celui qui avait occupé ses jours et ses nuits pendant si longtemps.
Nous étions en 1999. Jenny quittait la vie de Paris, qu'elle avait vécue pendant presque un an en compagnie de son amant et patron.